Malraux

jc perier malraux 9 avril
jc perier malraux 9 avril
haussmann

Le ministère de la Culture patronne une année Malraux, déclinée en plus de 130 événements culturels, et occasion de nombreuses rééditions ou éditions de livres de, ou autour du fameux écrivain gaulliste disparu le 23 novembre 1976.

Parmi tous ces ouvrages, souvent labellisés par le ministère, on recommandera le jubilatoire petit travail du journaliste et écrivain-voyageur Jean-Claude Perrier, très bon connaisseur, entre autres choses, de l’Inde. Comme il l’a déjà fait pour d’autres écrivains, il s’est employé à décortiquer la réalité factuelle d’une entreprise littéraire où fantasmes, intuitions géniales et courage physique se mêlent : ici une expédition archéologique de Malraux au Yémen.

Au printemps 1934, en pleine montée des périls fascistes, alors qu’il est déjà un intellectuel engagé tout auréolé de son récent prix Goncourt, et avant de partir pour une tournée de conférences en Union soviétique, puis, en 1936, d’aller combattre au côté des républicains espagnols, Malraux s’offre en effet une sorte de pause d’aventure onirique. Il part à la recherche des ruines de la capitale de la reine de Saba, Marib, supposées enfouies dans un désert non loin de Sanaa, capitale alors disputée entre Ibn Séoud et l’émir zaïdite Yayah (ce qui nous ramène à de très actuels conflits au bord de la mer Rouge).

Cette expédition, effectuée à bord d’un avion monomoteur Farman F291, sera financée par L’Intransigeant qui en publiera le long reportage, illustré de photos et de dessins, en dix épisodes. Tous, feront la une du quotidien populaire. Jean-Claude Perrier a relu pour nous ce matériau que Malraux réutilisera plusieurs fois, mais de manière plus ou moins allusive, dans son œuvre. Il le fait en professionnel de la presse, en amateur de voyages et de bonne littérature. Précis, amusé et amusant, mais toujours bienveillant pour le futur compagnon du général de Gaulle. L’aventure est digne de Hergé. À la fin, Malraux et ses deux héroiques compagnons sont reçus en grande pompe par l’empereur Haïlé Sélassié, descendant de la reine de Saba comme chacun sait. On ne vous en dit pas plus pour vous laisser le plaisir de suivre ce feuilleton, rebondissement par rebondissement.

Jean-Caude Perrier, André Malraux et la reine de Saba, Collection de poche « Littérature Le X10 » des éditions du Cerf, 172 pages, 2026.

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