Taïwan, la présidente et la guerre

Journaliste à Libération, Arnaud Vaulerin écrit sur l’Asie depuis quinze ans.

Il a été correspondant au Japon pendant cinq ans et se rend fréquemment dans la région.

Déjà auteur de Bosnie, la mémoire à vif chez Buchet Chastel et de La Désolation, les humains jetables de Fukushima chez Grasset,

Taïwan, la présidente et la guerre

est son troisième livre.

Il le présente à la Librairie Fenêtre sur l’Asie – Gay-Lussac, 49, rue Gay-Lussac 75005 Paris,

le 5 octobre 2023, jour de sortie officiel de son livre, de 19 heures à 21 heures.

Vous êtes tous invités.

Et Taïwan ?

En matière de politique internationale le jeu des comparaisons est rarement pertinent. Il n’empêche. Comment ne pas comparer les guerres actuelles les plus brûlantes avec celle qui menace dans le détroit de Formose… C’est ce que le journaliste Arnaud Vaulerin, qui écrit depuis plus de quinze ans sur l’Asie, notamment pour le quotidien Libération, mais qui a également publié un livre sur la Bosnie, fait brillamment dans la première page de son essai qui sort ce 5 octobre (1). Il raconte le début d’une guerre atroce et massive et on pense que c’est de la politique-fiction sur ce qui pourrait arriver à Taïwan demain. Et puis on tourne la page et il nous dit que ce qu’il vient de décrire c’est tout simplement l’agression russe sur l’Ukraine, le 24 février 2022. Ce n’est pas très sympathique de notre part de brûler ainsi l’effet de style. Mais oui, ce qu’a fait Vladimir Poutine en Ukraine, Xi Jinping en a certainement rêvé contre l’île de Taïwan. Le prix payé actuellement par les Russes le ramène-t-il à un peu de sagesse ? Ou bien est-ce que le raid triomphal des Azéris sur le Haut-Karabakh, et l’absence totale de réaction internationale sur cette tragédie, va lui redonner envie de passer à l’acte ?

Le statut indépendant de cette entité arménienne n’était reconnu ni par son agresseur azéri, ni par aucun membre de la communauté internationale… Cela ne nous rapproche-t-il pas du cas de Taïwan, simple province rebelle selon Pékin, et que tous les États du monde ont en tout cas lâchée les uns après les autres au nom du réalisme économico-diplomatique ? Cela depuis 1971, quand la République de Chine (Taïwan) a été exclue de l’Onu au profit de sa rivale continentale, la République populaire de Chine…

C’est là qu’il faut arrêter le jeu des comparaisons et s’intéresser à la question de Taïwan pour elle-même. La formidable réussite économique de l’île et son authentique démocratisation sont en effet une gifle permanente pour la dictature communiste, mais aussi une protection un peu plus efficace que celle dont était censée bénéficier l’enclave arménienne. Et puis l’allié américain est autrement plus puissant que l’allié russe, même s’il connaît bien des faiblesses aussi, comme on l’a vu récemment en Afghanistan ou comme on le voit face aux dossiers iranien ou nord-coréen…

Toujours est-il que, si on veut comprendre quelque chose aux risques encourus par cette jeune et brillante démocratie taïwanaise (et les risques de Guerre mondiale), il faut connaître la figure atypique de sa présidente actuelle : Tsai Ing-wen, 67 ans, élue et réélue depuis 2016… C’est une figure en tout point atypique et, disons-le, sympathique. Arnaud Vaulerin nous en donne la première biographie disponible en français, courte mais aussi documentée qu’il est possible, car le personnage est discret à l’extrême. On ne « spoilera » pas plus le sujet. À vous de la lire : 172 pages très enlevées, précises et éclairantes.

Frédéric Aimard (article paru dans l’hebdomadaire « La Nation Française » du 2 octobre 2023)

Arnaud Vaulerin, Taïwan, la présidente et la guerre, 172 pages, 18,90 euros. Vous pouvez aussi rencontrer l’auteur qui signera son livre à la librairie Gay-Lussac – Fenêtre sur l’Asie, le 5 octobre de 19 h à 21 h. 49, rue Gay-Lussac 75005 Paris.